Exposition de printemps

Ce qui échappe de Marc Aurelle

L’exposition est visible sur rendez-vous à  contact@eaclesroches.com :

Du 4 avril au 2 mai
Dimanche 4 avril de 14h à  18h, en présence de l’artiste.
Les week-ends de 14h à  18h.

Nous partageons nos locaux avec la galerie de sculpture céramique et ouvrons dans le respect des règles sanitaires.

ÉTAT ET CONSTRUCTION DE LA PEINTURE

Dans la peinture je sens en ombre de lumière et je perçois l’image qui est sous  la peinture comme l’archivage d’une mémoire en route, en vigilance, en devenir. Pourquoi ne pas accepter la résurgence de formes faisant allusion à  des images gravées dans la rétine ?  Je veux laisser la liberté à  l’œil de se dissiper, prendre le chemin de la couleur et des formes tracées.

Je n’ai d’autre projet que de peindre la peinture en train de se faire.

Accumuler, remplir une besace toujours présente à  mes flancs, construire un grenier du regard, me donnent à  élaborer des esquisses, des dessins, des nappes de couleur engrangées dans des tiroirs d’atelier me permettant, quand le vide s’installe d’aller puiser la source nécessaire au démarrage d’une pensée et d’une pratique.

La peinture s’inscrit tout d’abord dans un réflexe d’envahissement de la surface à  peindre, puis par le biais des acétones, les trouées de lumière laissent apparaître les diverses couches constituant le corps de la peinture. Les effets optiques que provoquent ces gouffres de lumière sont l’humus de la toile et parfois les éléments de construction.

Ouverture vertigineuse à  l’espace, dans, et avec la lumière.

Rien n’arrête cette possibilité, de s’accaparer la lumière comme une sève nourricière libre de toute contrainte de lecture. Se détacher du sujet, du motif encombrant. Ne percevoir que les ondulations constructives de la couleur, penser que dans cette navigation un sens peut s’inscrire dans le tableau, permettre un parcours général et conscient du format de la toile.

Les prétextes peuvent êtres divers et multiples.

Vouloir se dégager de la matrice, petit à petit, faire fi du regard premier, ne garder dans l’écrin que le nécessaire, ce qui va construire le labyrinthe du tableau, percevoir les changements qui interviennent, regarder le travail s’établir, être vigilant et forger avec ces entrelacs une construction spatiale et coloristique du champ visuel.

Cette liberté joue avec l’idée même de sa pesanteur. Il faut réinventer la matière, la vérité n’est pas dans l’apparence des choses.

Marc Aurelle