Résidence de Sarah Grace Graves

La résidence sera avant tout un temps de recherche et d’immersion pour Sarah Grace Graves. Son travail s’imprégnera de l’histoire des Roches, de la programmation de l’espace d’art et de la singularité de ce lieu, à la fois espace de création, de travail et de vie, ouvert sur la nature environnante.

Au fil de la résidence, Sarah Grace Graves développera sa recherche autour des partitions Deep Listening de Pauline Oliveros et poursuivra sa réflexion sur les pratiques vocales expérimentales, leur transmission et leur dimension collective. Les temps d’écoute, d’expérimentation et de rencontre avec le lieu constitueront la matière d’un travail qui se construira progressivement.

Cette recherche donnera lieu, en fin de résidence, à un atelier vocal et instrumental ainsi qu’à un concert, conçus comme des espaces de partage et de découverte de la musique vocale expérimentale. Ces deux temps inviteront les participant·es et le public à faire l’expérience de leur propre voix, du son et du silence, et à porter une attention renouvelée au monde sonore qui les entoure.

Cette résidence à Eac Les Roches est également soutenue par Culture Moves Europe.

Sarah Grace Graves est chanteuse et compositrice, son travail se situe à la croisée du récital et du rituel.

De 2020 à 2022, elle étudie le chant auprès de Nicholas Isherwood tout en menant une résidence artistique à la Fondation des États-Unis consacrée à la collaboration interdisciplinaire autour de la voix. À l’été 2023, avec le soutien de la bourse Michiko Hirayama, elle est chanteuse en résidence à la Fondazione Isabella Scelsi, à Rome.

Doctorante à l’University of California, Berkeley, elle développe actuellement un projet en duo avec l’altiste Julie Michael dans le cadre de l’Advanced Master in Contemporary Music de l’ICTUS Ensemble, à KASK & Conservatorium (Gand).

Parmi ses projets récents figurent des commandes des Cris de Paris, d’Ensemble Aedes et de Line Upon Line, la création de l’opéra en réalité virtuelle de Julie Zhu, ainsi qu’un premier travail de direction sur Hoketus de Louis Andriessen, avec une chorégraphie originale d’Anne Teresa De Keersmaeker. Son album solo Three Names est paru chez Elektramusic en 2025.

Cet atelier musical s’inspire des partitions de Deep Listening (écoute profonde) de Pauline Oliveros, compositrice, accordéoniste et improvisatrice américaine, pionnière de la musique électronique. Oliveros a développé une pratique de méditation sonore qui a profondément transformé le travail de nombreuses personnes créatives aux États-Unis.

Ensemble, nous observerons notre souffle, nous écouterons l’environnement autour de nous ainsi que notre propre imagination, et nous nous appuierons sur ces sons, à travers les partitions d’Oliveros, pour guider nos voix et nos instruments.

Avec le consentement des participant·es, le résultat de cet atelier pourra être présenté lors du concert de restitution, The Mystic Mouth.

The Mystic Mouth réunit cinq générations de musique vocale américaine, de John Cage au travail de Sarah Grace Graves aujourd’hui. Chaque compositeur — John Cage, Pauline Oliveros, Joan La Barbara, Alvin Curran, Erin Gee — a trouvé une façon de mener la voix au-delà de la parole et du chant, vers quelque chose de plus intime, d’étrange et de vivant. Le titre est tiré d’une phrase de Merce Cunningham : « the mystic mouth leaves me so defted ». C’est la bouche qui rend tout cela possible : celle que nous partageons tous, avec laquelle on mange, on embrasse, on parle, on chante, on respire.

Programme

– Alvin Curran, Three Ligurian Chants (1972), I. Alba
– Joan La Barbara, Circular Song (1976)
– Erin Gee, Mouthpiece II (2002)
– John Cage, Four Walls (1944, extrait)
– Sarah Grace Graves, Embrace (2020)
À confirmer selon le choix des participant·es de l’atelier musical : Pauline Oliveros, Deep Listening Piece

Interprète : Sarah Grace Graves, voix