Marc Simon par Christian Garcelon
Marc Simon travaille la terre avec éner- gie, tout en ayant un doute. Non envers les pièces produites, mais pour le médium même. À l’origine, Marc est un peintre de l’expression, proche de l’école allemande qui de «Die Brücke» à nos jours questionne la peinture.
En embrassant la céramique, Marc Simon n’a pas pour autant renoncé à l’expressionnisme; à tout ce qui s’oppose à l’abstraction et au minimalisme formel. Jusqu’à ce jour, ses pièces les plus grandes, les plus sculpturales, déployaient des formes élémentaires, assemblages formant des installations géométriques. L’expression étant de fait reléguée au traitement de la surface, dans l’empreinte, dans l’engobe, mais aussi dans la forme générée par l’as- semblage. Le doute, ici source de recherche, réside dans le traitement de la terre, qui est à la fois surface et volume.
L’installation Chindis, évocation des esprits convoqués dans les rituels du peuple Navarro, témoigne d’un renversement du processus d’élaboration des pièces. Marc Simon trace dans la terre des formes anthropomorphiques, dissimulées partiellement dans l’émail. Ainsi, il recouvre une approche:.. expressionniste globale, comme débarrassée de la référence à l’abstraction géométrique. Cette installation atteste, à ne pas en douter, un tournant dans son travail ou, plus encore, l’apaisement du doute.
Christian Garcelon
Texte paru dans le catalogue de l’exposition « Circuits céramiques », Cité de la céramique, Sèvres, 2010






