Créatures d’Arlette Simon et Marc Simon
du 21 juillet au 23 août 2026
du mardi au dimanche de 15h à 19h – entrée libre
L’exposition Créatures réunit les œuvres d’Arlette Simon et de Marc Simon, deux artistes céramistes dont les démarches suivent des chemins différents. Sans chercher à représenter
le réel, tous deux donnent naissance à des formes qui semblent habitées d’une vie propre.
Leurs œuvres puisent dans des champs de références variés — observation de la nature, sciences du vivant, mythes, anthropologie ou récits — mais chacun les transforme selon une écriture plastique qui lui est propre. Sous le titre Créatures, l’exposition invite à découvrir deux façons d’interroger le vivant, son origine, ses métamorphoses et les formes qu’il peut prendre.

Les sculptures d’Arlette Simon semblent appartenir à un monde en perpétuelle transformation. Elles évoquent des organismes dont on ne sait s’ils émergent des profondeurs marines, d’un passé très ancien ou d’un futur encore inconnu. Les abysses, les recherches scientifiques sur les origines de la vie, mais aussi l’observation attentive des végétaux, de l’eau, de la neige ou de la glace nourrissent un imaginaire où rien n’est définitivement fixé. La sculpture paraît pouvoir se transformer sous le regard. Il faut tourner autour des œuvres, en éprouver les différents points de vue, pour saisir cette sensation de mouvement. Les installations prolongent cette expérience, tandis que l’ajout de néons fait vibrer les émaux et modifie la perception de leurs couleurs, accentuant encore l’impression d’une matière vivante. À cette recherche s’ajoute une dimension de jeu, perceptible dans le geste, les associations de formes et les couleurs.

Chez Marc Simon, la sculpture est aussi un espace de peinture. Les volumes sont recouverts d’engobes qui lui permettent d’intervenir comme un peintre sur la terre. Cette
pratique affirme son identité de plasticien, où sculpture et peinture se rejoignent. Sa palette, souvent réduite à deux couleurs, renforce la tension graphique des œuvres tandis que la matière conserve toute sa densité expressive. Figures humaines, silhouettes ou présences énigmatiques semblent saisies dans une attitude, un équilibre ou un mouvement suspendu.
Leur échelle entretient un dialogue avec le corps de l’artiste, rappelant que la sculpture est aussi une confrontation physique avec la masse de terre. Mythes, récits de voyage,
littérature et anthropologie nourrissent son imaginaire et donnent naissance à des œuvres qui oscillent entre mémoire collective et expérience personnelle.
Si les œuvres d’Arlette Simon et de Marc Simon ne procèdent pas des mêmes recherches, elles ont en commun de donner corps à des formes en devenir. Entre organisme, figure et
fiction, leurs créatures semblent surgir d’un temps indéterminé, portées par une matière qui conserve la mémoire du geste et continue, sous notre regard, à se transformer.
Photos : Blaise Adilon
