Arlette Simon par Christian Garcelon

Arlette Simon déroule des fils de terre à l’aide d’une extrudeuse à la façon d’une ouvrière du textile; elle en sort autant de mètres que nécessaire. Le travail d’Arlette Simon s’apparente à celui de la fabrique dans le sens où elle aime répéter des formes simples.

Ce qui distingue son travail du design réside dans le fait de l’installation, de la mise en situation de la céramique. Elle fait appel dans ses installations à la lumière, à celle, si spécifique, du néon, modifiant la matérialité de la céramique. Elle laisse apparaître les coutures, les liens, qui lient les différents éléments. Liens issus de l’industrie du plastique, qui servent à assembler les gaines électriques. L’arc lumineux formé par le néon tend la pièce; tension forte dont seuls les liens semblent pouvoir la contenir dans une inflammation de l’émail.

La forme conique est récurrente dans le travail d’Arlette Simon. Elle se révèle comme un sujet d’identification, à l’instar des amoncellements de cailloux marquant le passage des pèlerins ou du randonneur. Sans doute, Arlette Simon œuvre la terre comme un jardinier, dans la révélation, la sublimation du geste répété qui dévoile des paysages intérieurs d’un jardinier taiseux.

Christian Garcelon
Texte paru dans le catalogue d’exposition « Circuits céramiques », Ciét de la céramique, Sèvres, 2010

AURA
La région Auvergne Rhone Alpes
AC-RA
Logo Partage des eaux Les échappées