
Expositions
Programmation à venir

Titre de l’exposition
Nom de l’artiste
Du 00 mois au 00 mois
Textes
Saisons passées
Du 06 juillet au 30 août
Le travail c’est la santé !
Exposition de Bertille Bak
Crieuse publique fait partie des termes qui me semblent se rapprocher le plus de ce qu’est pour moi être commissaire d’exposition – critique d’art. J’entends par là que je divulgue, je transmets, je partage des “messages”, des paroles d’artistes dans l’espace public ou, du moins, ouvert aux publics. Je raconte, je tisse des liens.
Parfois — en réalité, à chaque occasion —, les projets que je déploie sont des propositions de rencontres. Rencontre, bien évidemment, avec l’artiste, avec ses œuvres ; rencontre avec le cheminement de mes pensées ; rencontre avec mon regard.
Parfois — ou plutôt en toute circonstance —, je déploie des projets avec le souhait que ceux-ci poursuivent les échanges : avec des artistes dont la démarche me tient tout particulièrement à cœur, mais aussi en amorçant des conversations avec des connaissances, des inconnu·es.
Parfois — pour ne pas dire à chaque fois —, le déploiement de mes projets a pour point de départ l’envie de partager un moment. Un moment à partager tous et toutes ensemble.
Ensemble — voilà c’est ça.
J’ai même failli intituler cette exposition “Tous ensemble, tous ensemble, ouais ouais !”, en lien avec de vibrants moments collectifs.
J’ai souhaité inviter Bertille Bak pour une exposition personnelle à l’Espace d’art contemporain Les Roches, non seulement parce que je suis son travail depuis des années, comme on dévore un livre, mais également parce que sa démarche, son regard me semblent tout particulièrement nécessaires en ce moment. L’artiste crée, entre autres, des projets où la remise en question d’une situation intolérable prend corps à travers des formes de résistance partagée. Elle crée des espaces où germe une contestation collective dont les aspects drôles mettent en lumière l’absurdité d’injustices, d’exploitations.
À l’heure où le domaine de la culture — pour ne parler que de celui-ci — traverse de profondes turbulences, nous avons choisi de faire du travail le fil conducteur de cette exposition. Et oui, on a beau “traverser la rue” — et parfois même plusieurs —, cela ne garantit rien. Le travail ne court pas les pavés. Et quand il se présente, il n’a pas toujours fière allure. Pour certain·es, en avoir un signifie accepter des conditions précaires, parfois même l’absence de toutes conditions correctes. La chanson “Le travail c’est la santé” d’Henri Salvador résonne encore comme un clin d’œil amer, car derrière la ritournelle, il pointait l’absurdité d’un monde où le travail use plus qu’il n’élève, fatigue plus qu’il ne soigne.
Si Bertille Bak et moi avons pour point commun l’envie de conter des histoires, nous les racontons chacune à nos façons.
L’imaginaire, chez Bertille Bak n’est pas un simple refuge. Il est combat, nécessité. Le tout dans la douceur, le burlesque et la ruse. Lorsque les temps écrasent, que les récits dominants étouffent toute alternative, il devient vital de réinventer les histoires. Ce sont elles, ces histoires en apparence fragiles, qui peuvent fissurer l’ordre établi. Elles détiennent une puissance discrète : celle d’essaimer des possibles et, si ce n’est de changer la donne, au moins de faire un pas de côté.
Tout se joue, ou presque, dans et avec des pas de côté. Comme nous l’écrivons dans le texte de présentation d’Eac Les Roches, l’idée n’est pas que l’art va changer le monde, mais qu’il va nous aider à le réinventer, ou du moins à donner de nouvelles saveurs à notre quotidien, nous offrir la possibilité de faire un pas de côté.
Leïla SIMON,
commissaire de l’exposition Le travail c’est la santé ! de Bertille Bak
en 2025 à Eac Les Roches
Du 06 juillet au 30 août
Face à face
Exposition de Luc Chazot
dans le cadre du Parcours photographique de 6 x 6
Le travail de Luc Chazot n’est pas seulement une pratique photographique. Il s’agit bien davantage d’un travail de découpe de l’espace, de construction d’un champ de vision où lignes de fuite et points fixes se répondent pour ouvrir le paysage à sa complexité, déchirer l’écran et donner à voir quelque chose comme une danse d’images.



Le caractère sériel de ces pignons de fermes se présente comme une enquête sans fin à la recherche d’une forme distincte, mais dont l’identité est toujours en sursis entre apparition frontale de portraits monolithiques et effacement sous le jeu des ombres et des nappes de neige. Ici, le regard du photographe n’embrasse pas : il découpe, il assigne, il isole. Ce n’est pas le pittoresque qu’il cherche, ni la beauté bâtie. Ce qu’il piste, c’est ce moment instable où la structure surgit du chaos — et perd, du même coup, sa nature.
Le recours systématique au frontal impose une vision oblique sur le réel. L’angle d’attaque du photographe déforme, plie, érige. Par un savant jeu avec les angles, le mur, pareil à une image dans l’image, ouvre à d’autres visions : totems, équerres, pyramides, menhirs, montagne. C’est là que la dialectique nature/culture se joue : l’érosion sculpte des monuments que les bâtisseurs, sans le savoir peut-être, reproduisent. Ainsi, la grange devient sphinx, le hangar, dolmen.
Identité et différence traversent ce travail. Chaque façade semble vouloir dire : je suis unique, mais le geste photographique répond : tu ressembles aux autres. C’est dans cette répétition différée, cette obstination à fixer par les côtés, que le travail prend sa force. Une exploration esthétique de ce que la forme fait à l’image — et de ce que l’image, en retour, fait à la forme.
Victor Cachard
Du 28 juin au 25 août
L’été
Exposition de Chantal Vey
dans le cadre du Off du Parcours photographique
de 6 x 6 Regards de femme
Du 1er juillet au 1er septembre
Par delà le mur, la forêt
Exposition de Cristine Guinamand
Commissaire de l’exposition : Leïla Simon
Il était une fois un monde qui courait à sa perte.
Désemparé face à la multitude, l’humain voulut unifier le vivant en tentant de maîtriser et d’ordonner les éléments.S’ensuivit une période sombre, très sombre, donnant naissance au chaos.
Dans sa volonté de se protéger, l’humain bâtit un mur. Mur dont l’ombre projetée le bascula davantage dans l’obscurité entraînant sa disparition.
Plus fortes que jamais, la lumière et la nature reprirent le dessus.

Par delà le mur,
Chaos.
Lorsque les peintures de Cristine Guinamand sont habitées par le chaos, la violence et la noirceur les imprègnent, nous dévoilant un monde post-apocalyptique délivré de l’humain où le bouillonnement de la vie opère déjà des changements. De l’éclatement naît de la fusion ; de l’éparpillement naît de la condensation.
Un imbroglio de masses, de couleurs, de formes s’enchevêtre, se disloque.
Imbroglio, et pourtant en examinant avec minutie les peintures, on s’aperçoit qu’il s’agit plus d’un agencement organisé et mesuré. Ces “chemins imagés” sont des rébus à déchiffrer tout au long du parcours.
Rébus aux solutions aussi variées que le sont ses décrypteurs. Cristine Guinamand parle d’ailleurs de “peintures invisibles [qui] naissent des liens que le regardeur forme en fonction de ses propres connaissances et ressentis”.
la forêt
L’artiste évoque, lorsqu’elle peint, “une danse maîtrisée alliée à un lâcher prise nécessaire”. Les arcanes de sa création nous sont également dévoilés quand elle explique qu’elle observe ce qui advient sur la toile à travers le reflet d’un miroir. Non pas par crainte d’être changée en pierre par la Gorgone, mais plutôt pour s’en détacher pour mieux revenir.
De la force du regard, il en est également question avec l’œil qui émane de la peinture ou a contrario s’y fond.
La référence de l’œil de La Providence est moins à interpréter comme une volonté de la part de l’artiste de surveiller l’humanité que d’en dresser une satire. Ses rayons lumineux éclairent une nature luxuriante. Dans les dernières peintures de Cristine Guinamand, le chaos a laissé place à la lumière.
Phaos.
Les paysages fantastiques baignent, cette fois-ci, dans une lumière étincelante, voire flamboyante. La végétation au bouillonnement prolifique, d’où se révèlent des animaux, s’épanouit dans des couleurs lumineuses. Le paon, symbole de paix, d’harmonie et de prospérité. Le caméléon, dont l’adaptabilité nous apprend, entre autres, à accueillir les changements avec sérénité. Le flamant rose représentant l’équilibre…
Certes la noirceur n’en est pas totalement absente, un hélicoptère plane, mais son rendu, moins net que les autres éléments, laisse présager qu’il finira happé par ce foisonnement végétal.
Cristine Guinamand a su contourner le mur ou peut-être qu’elle a tout simplement réussi à se frayer un passage. L’artiste témoigne du dépérissement d’un monde. Dépérissement d’où finit par jaillir la lumière permettant à la nature de se déployer.
Leïla Simon, 2024
Commissaire de l’exposition Par delà le mur, la forêt à Eac Les Roches
Du 02 juillet au 3 septembre
Au côté droit
Exposition de Claire Colin-Collin
Commissaire de l’exposition : Leïla Simon
Mon intervention pour le Prix Aica 2021, vous faisait part de moments, de moments « qui marquent, constituent, accompagnent.
Où l’on a qu’une envie c’est de chanter, danser, marcher à cloche pied.
Où l’on a qu’une envie, celle de courir pour ne pas perdre le fil de notre pensée.
Qui font que l’écriture devient un terrain de jeux, d’expérimentations, de découvertes et de plaisir.
Qui font que l’on ne peut que poursuivre.
Vous voyez ces moments ? Ces moments où la rencontre a lieu. Ces moments-Là. »
Ma rencontre avec Claire Colin-Collin est un de ces moments-Là.
L’exposition à Eac Les Roches vient le poursuivre.
Leïla Simon

Juillet 2023
Chère Claire,
Après notre échange autour du titre que tu as proposé pour l’exposition à l’Espace d’art contemporain Les Roches, des mots, des phrases me sont revenus en mémoire, j’ai farfouillé dans mes notes et relu celles que tu as rédigées fin 2018 début 2019 (Merci, vraiment. Quel régal que de
pouvoir lire tes carnets).
Je me remets à penser au fait que tu répètes une forme pour laisser échapper ce qui doit advenir. Répéter le même geste pour le défaire, le libérer de toute maîtrise. Atteindre l’insaisissable, même si nous savons très bien que tu ne veux en aucun cas l’atteindre. L’atteindre serait la fin, or, ici, l’infini est de mise.
Insaisissable, donc, telle une apparition. Tu sais que parfois j’hésite, s’agit-il d’apparition ou bien d’évaporation, voire de diffusion. Peut-être est-ce les deux, peut-être est-ce les trois. J’aime à penser que ce sont les trois.
En me remémorant notre discussion autour du titre que tu as proposé pour l’exposition à l’Espace d’art contemporain Les Roches, il me revient à l’esprit un passage de notre entretien pour la revue Possible. Celui autour des mots, du fait que parfois nous n’en avons pas pour décrire une impression et que c’est agréable. Posée parmi tes œuvres je le vis ce moment, en dehors des mots.
En dehors des mots et en même temps tu as choisi un titre aussi littéral qu’à double sens.
J’évoquais plus haut que j’étais retournée lire certaines de tes notes qui m’avaient marquée.
Si le tableau est le torse, est-ce que tu mets tes doigts dans la peinture comme les enfants le font dans la confiture ? Des doigts, il en a moins été question que du geste, mais en t’écoutant m’expliquer le titre que tu as proposé pour l’exposition à l’Espace d’art contemporain Les Roches, je me suis souvenue d’une peinture de Caravage, de l’incrédulité de Saint-Thomas qui l’amena à toucher pour croire. Attention cher lecteur, chère lectrice, il n’est pas question d’incrédulité, ici, ni de besoin de toucher.
Je reprends, si la peinture suinte du tableau est-ce que peindre c’est la panser ? Si le titre que tu as proposé reprend les trois derniers mots du poème « Le dormeur du val » d’Arthur Rimbaud, est-ce que la peinture serait à la fois quiétude et blessure ?
A très vite pour poursuivre,
Leïla
Du 12 juin au 28 août
Et si… avec Francis Alÿs, Amie Barouh, Patrick Bernier & Olive Martin, Eléonore Lubna & Louis Matton
Commissaire de l’exposition : Leïla Simon

Du 19 au 30 mai
Ce qui échappe
Exposition de Marc Aurelle
ÉTAT ET CONSTRUCTION DE LA PEINTURE
Dans la peinture je sens en ombre de lumière et je perçois l’image qui est sous la peinture comme l’archivage d’une mémoire en route, en vigilance, en devenir. Pourquoi ne pas accepter la résurgence de formes faisant allusion à des images gravées dans la rétine ? Je veux laisser la liberté à l’œil de se dissiper, prendre le chemin de la couleur et des formes tracées.

Je n’ai d’autre projet que de peindre la peinture en train de se faire.
Accumuler, remplir une besace toujours présente à mes flancs, construire un grenier du regard, me donnent à élaborer des esquisses, des dessins, des nappes de couleur engrangées dans des tiroirs d’atelier me permettant, quand le vide s’installe d’aller puiser la source nécessaire au démarrage d’une pensée et d’une pratique.
La peinture s’inscrit tout d’abord dans un réflexe d’envahissement de la surface à peindre, puis par le biais des acétones, les trouées de lumière laissent apparaître les diverses couches constituant le corps de la peinture. Les effets optiques que provoquent ces gouffres de lumière sont l’humus de la toile et parfois les éléments de construction.
Ouverture vertigineuse à l’espace, dans, et avec la lumière.
Rien n’arrête cette possibilité, de s’accaparer la lumière comme une sève nourricière libre de toute contrainte de lecture. Se détacher du sujet, du motif encombrant. Ne percevoir que les ondulations constructives de la couleur, penser que dans cette navigation un sens peut s’inscrire dans le tableau, permettre un parcours général et conscient du format de la toile.
Les prétextes peuvent êtres divers et multiples.
Vouloir se dégager de la matrice, petit à petit, faire fi du regard premier, ne garder dans l’écrin que le nécessaire, ce qui va construire le labyrinthe du tableau, percevoir les changements qui interviennent, regarder le travail s’établir, être vigilant et forger avec ces entrelacs une construction spatiale et coloristique du champ visuel.
Cette liberté joue avec l’idée même de sa pesanteur. Il faut réinventer la matière, la vérité n’est pas dans l’apparence des choses.
Marc Aurelle
Du 5 au 20 juin
Bleu de Berlin n°211
Exposition de Régine Mondon
Bleu de Berlin n°211 présente le travail de Régine Mondon à un instant T. Un instant T qui a pour origine sa démarche, son regard. Un instant T qui s’est aussi nourri d’échanges, de lectures, d’images qui nous accompagnent, de promenades et surtout de paysages. Ceux que l’on traverse, que l’on côtoie, que l’on arpente, que l’on contemple.

Alors que je réfléchis à cette exposition, il y a une image qui me vient à l’esprit, ou pour être plus précise un déroulé. Un fil que l’on tire. Avec délicatesse. Un fil que l’on observe s’étendre sur une surface donnée pour finir par s’en détacher. Pour finir par s’étirer. En suspension. Sans début ni fin. Ne délimitant plus. Hors de tout, hors du temps.
Qui dit « hors » ne sous-entend pas « rien ». Bien au contraire, vu qu’il m’évoque le fil de l’histoire, celui qui se déroule sous nos pieds au fur et à mesure de notre avancée. Un point de départ où la fuite n’est qu’une mise en perspective.
Un souffle qui nous pousse, nous donne des ailes.
Un souffle aussi fugace que prégnant.
Un souffle indomptable qui nous conduit à amarrer notre regard à l’horizon pour éviter tout évanouissement. Pour nous permettre d’en garder la trace.
Un souffle indomptable qui nous conduit à amarrer notre regard à l’horizon pour éviter tout évanouissement. Pour nous permettre d’en garder la trace.
Une rencontre délicate à matérialiser, à fixer.
La rencontre entre la matière et le vide. Un jeu d’équilibre.
On peut y voir le ciel, l’horizon et la terre.
Un graphisme palpitant décliné en variation continue.
Leïla Simon, 2021
Du 4 juillet au 29 août
La parole donnée
Exposition de Isabelle Ferreira
Commissaire de l’exposition : Leïla Simon
Déclinaison de Suites
Fin 2020 – Début 2021, premiers échanges entre Isabelle Ferreira et moi, autour du projet de son exposition qui aura lieu à l’Espace d’art contemporain Les Roches. Compte tenu de la crise sanitaire, nous avons opté pour des rendez-vous téléphoniques. Isabelle Ferreira me raconte. Je prends des notes. J’écoute. Je questionne. Elle poursuit. Elle évoque. J’écoute. Je gribouille.
Deux – trois photos ponctuent la conversation.
Pause – Suite au prochain rendez-vous, même si ceci n’est pas tellement vrai.
L’histoire que m’a racontée Isabelle m’accompagne. Elle est là . Je tisse des liens avec sa pratique, les dénoue, les reprends. L’histoire que m’a racontée Isabelle me trotte dans la tête.
Elle m’a parlé de ces clandestins portugais qui sous Salazar ont fuit leur pays dans l’espoir de trouver une vie meilleure en France. Elle m’a parlé de ces photos déchirées en deux avant le grand départ. Elle m’a parlé de traversées périlleuses, puis de traversées du paysage et enfin du paysage. Elle m’a parlé d’une vidéo qu’elle a réalisée à la fin de ses études aux Beaux-arts.


Je la regarde. Je fais des recherches. Envie, besoin d’écrire ce que je vois, ce que j’apprends, ce que je tisse, ce que je recoupe.
Puis.
Nouveaux échanges téléphoniques. Isabelle me décrit son projet. Je prends des notes. J’écoute. Je questionne. Elle développe. Elle énonce. J’écoute. J’imagine.
Deux – trois, … puis cinq – six photos ponctuent la conversation.
Pause – Et comme on s’en doute, la suite n’attend pas le prochain rendez-vous. Les idées virevoltent. Les images se frayent un chemin. Les couleurs se déploient. Elle m’a annoncé le titre. Ça chante, ça parle. Belle interprétation. Le projet que m’a esquissé Isabelle m’emboîte le pas. Elle m’a relaté ses prospections. Elle m’a décliné des couleurs. Une approche pleine de délicatesse sans pour autant occulter les terribles conditions. Une approche pleine de bienveillance vis-à -vis de ces personnes obligées de s’exiler.
Les images se conjuguent au quotidien. J’attends. Envie, besoin de prendre le temps, de recevoir ce que je perçois, ce qui semble se profiler, ce que je pressens, ce qu’Isabelle met en place.
Nouveaux échanges, mais pas téléphoniques, dans l’atelier d’Isabelle, au cours d’une visite. On est trois, Isabelle, Marie Gayet et moi. Isabelle nous raconte. Je prends des notes. J’écoute. Je rebondis. Elle précise. Elle détaille. Je découvre. J’observe.
Deux – trois, … puis cinq – six, pour finir par quatorze – quinze portraits alimentent la conversation.
Pause – la suite on le sait s’étire dans le temps.
Pause – Scriiiiiiiiiiiiiiiiiiitch
Un geste, un simple geste.
Un geste qui en amène d’autres. Qui en a amené d’autres. Qui en amènera d’autres.
Un geste simple.
Un geste bref qui préfigure le point de départ d’une temporalité qui va s’étirer dans le temps.
Mais aussi.
Un geste qui révèle. Un geste qui raconte, à sa façon, mais comme toujours sans altérer la situation. Au contraire. Un geste de raccommodage. Un geste qui redonne corps.
Je les imagine. Je les entends. Je les sens. Envie, besoin de vivre avec eux, avec leurs impressions, de me kaléidoscoper dans ses surfaces colorées, de m’en éloigner pour y revenir.
Nouveaux échanges, mais pas téléphoniques, ni dans son atelier, dans les salles d’exposition d’Eac Les Roches, au cours du montage. Isabelle me présente ses œuvres. On déballe. On (re)découvre. Elle m’explique. Elle affine. Je rencontre. Je décortique.
Et la plongée se fait.
Pose – Pause – la suite est belle et bien là, dans un temps qui s’étire infiniment.
Une image à jamais captée. Et pourtant, après tant d’années, ce regard semble toujours nous échapper. Il est là . Silencieux.
Il est là . Tout nous est dit, muettement.
Les surfaces colorées témoignent de la pratique de la photo déchirée. Les surfaces colorées adoucissent les déchirements. Viennent les panser.
Pause – Le projet se poursuit. La rencontre se fait. Isabelle met en place, déplace, replace. Un dialogue prend corps. Magie. Retenir sa respiration, se faire oublier pour rester le plus longtemps là .
Pause – Un geste, celui d’Isabelle rejouant les Pétales pour La parole donnée. Je ne bouge pas, j’observe en me faisant la plus petite possible. Magie. Mouvements à jamais imprégnés.
Pause – Entrer après avoir frappé, car on le sent, on le comprend le moment est précieux, précis. Percevoir de nouveaux mouvements. Envie, besoin pour Isabelle de déposer ici, là , ici ou là . Envie, besoin pour Isabelle de matérialiser son regard, l’histoire qu’elle veut nous raconter. Par petites touches, tout se dévoile.
Je vis le plus possible le moment, je ne veux pas en perdre une miette. On échange et là ça y est il me faut partir. Il me faut écrire. Envie, besoin de raconter, à ma façon, sans pour autant altérer la situation. Envie, besoin de partager.
Pause – La parole donnée habite le lieu. J’entends comme une voix. Celle d’Isabelle. Il me semble qu’elle nous dit, qu’elle leur dit :
Bienvenue.
Leïla Simon
Du 5 juillet au 30 août
Sous la clarté nocturne
Oeuvres de la collection du Frac Auvergne avec Darren Almond, Stéphane Couturier, Sylvain Couzinet-Jacques, Anne-Sophie Emard, Geert Goiris, Marc Lathuillière et Zineb Sedira.
Commissaire de l’exposition : Leïla Simon
S’il fallait évoquer un point de départ, ce serait l’envie de penser une exposition en lien avec une collection, celle du Fonds régional d’art contemporain Auvergne. Alors que mes projets avaient pour origine une rencontre, un mot ou une atmosphère, j’ai souhaité explorer une sélection se construisant au fil des ans, me plonger dans une histoire, pour ensuite tisser mes propres liens en regard d’une actualité.

L’intérêt pour la préservation de notre environnement et de sa biodiversité se manifeste de plus en plus. Les mises en garde des dégâts que nous perpétuons sont davantage prises au sérieux. Pourtant, nous n’agissons pas aussi rapidement et efficacement que les circonstances l’exigent. L’oxymore « sous la clarté nocturne » reflète cette ambivalence.
Les œuvres, toutes photographiques, mettent en lumière des faits plus ou moins connus, plus ou moins camouflés. Certaines témoignent de la contradiction de nos actes, d’autres de notre égoïsme, voire de notre indifférence, face à des décisions privilégiant notre confort tout en détériorant l’environnement. Les artistes, dont les œuvres sont présentées, n’agissent pas, ici, comme des militant-e-s, mais plus comme des révélateur-rice-s de situations latentes. Leurs regards captent un état, rendent compte de nuisances plus ou moins perceptibles. L’aspect de chaque proposition, à la fois séduisant et effrayant, nous fait osciller.
Mais rien n’est réellement figé, l’abandon de certains projets offre, parfois, la possibilité à la nature de reprendre du terrain.
Leïla Simon
Du 20 septembre au 4 octobre
Ivresses
Exposition de Caroline Deléage Monteil

Caroline Deléage Monteil a réalisé des photos de mises en scène de lieux, de corps, d’objets dans le flou des formes devinées comme des moments privilégiés éloignés du monde. Aujourd’hui, elle construit un travail de recherche sur le vin, médium d’expression. Un mirage, une hallucination, une rêverie, un trouble qui engage un voyage, un état second. Une profondeur qui capte le regardeur et l’entraîne avec elle vers un bain de douceur, de lumière et de calme.
Il est dit dans les anciennes légendes que le peintre après avoir peint un paysage de brume y pénétra et disparut.
Du 11 octobre au 7 mars
Les falaises traversent nos mains
Exposition de Damien Fragnon
Dans le cadre de Galeries Nomades / IAC de Villeurbanne.
Pour Galeries Nomades2020, Damien Fragnon présente le projet Les falaises traversent nos mains à l’Espace d’art contemporain Les Roches, qui est issu de sa recherche sur l’évolution du front de mer depuis Sète, en passant par le Chambon-sur-Lignon jusqu’aux Grottes de Faluns. Toujours attaché au concept de « sérendipité », aux notions de hasard et de trouvaille, l’artiste propose un « laboratoire » qui laissera évoluer divers processus de croissance végétale, de transformation minérale, en combinant divers matériaux, domestiques, industriels, artisanaux… Avec la création de ce micro-organisme pour l’exposition, il entend élaborer une véritable atmosphère, faite de branchages, jouant ainsi sur la verticalité.

Si vous souhaitez suivre le cheminement du projet de Damien Fragnon, nous vous invitons à lire Les Carnets Nomades en cliquant ici
Du 11 au 26 mai
En plein courant d’air
Exposition de Charles Pouderoux
Courant d’air… mouvement invisible qui fait naître un frisson, une caresse. Son origine se révèle dans l’expression populaire et résonne comme différents échos à l’histoire de l’art. Les marques de nos actes dans le temps et nos ressentis immatériels laissent des traces et signent notre peau. « Théâtre des émotions », la mémoire résonne dans nos gestes et la trace se révèle et s’impose pour composer dans l’espace un événement. Le corps est au cœur de l’esthétique des courbes et des enchevêtrements qui évoquent ainsi des chemins sensuels et des champs de couleur.

Du 23 juin au 1er septembre
La baie aux 2 lunes
Avec Cécile Beau, Bianca Bondi & Antoine Donzeaud, Sarah Del Pino, Atsunobu Kohira et Anna Tomaszewski.
Commissaire de l’exposition : Leïla Simon
Du 23 juin au 1er septembre
Moonwalk et Vanités
Avec Arlette Simon et Marc Simon


Du 11 au 26 mai
Sans mouches
Exposition de Caroline Muheim
Exposition organisée dans le cadre du Festival Après la neige

Du 24 juin au 02 septembre
Chut… Ecoutez, ça a déjà commencé
Exposition collective avec Bertille Bak, Dector & Dupuy, Julie C. Fortier, Violaine Lochu, Marianne Mispelaëre et Till Roeskens.
Commissaire d’exposition / Crieuse publique : Leïla Simon

Du 24 juin au 02 septembre
Nautilus
Avec Arlette Simon et Marc Simon


Du 22 octobre au 15 décembre
De nos mains qui fouillent
Exposition de Marjolaine Turpin
Commissariat d’exposition : IAC : Nathalie Ergino et Chantal Poncet
Exposition programmée dans le cadre de Galeries Nomades organisées par l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne.

Du 25 juin au 3 septembre
Aquarius
Exposition de Charlotte Charbonnel
Commissaire de l’exposition Leïla Simon.
Cet événement est proposé dans le cadre des Échappées 2017 en écho au Partage des Eaux, un parcours artistique dans les Monts d’Ardèche porté par le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche.

Du 25 juin au 3 septembre
Tête à Têtes
Exposition d’Arlette Simon et Marc Simon


Du 19 novembre au 17 décembre
Strates
Exposition personnelle de Barbara Lerch
Dans le cadre de la 14ème Biennale de Lyon et en Résonance avec elle, la MAPRAA organise en partenariat avec 12 lieux en Auvergne-Rhône-Alpes une nouvelle édition « 12/12/12 »

Du 22 octobre au 15 décembre
De nos mains qui fouillent
Exposition de Marjolaine Turpin
Commissariat d’exposition : IAC : Nathalie Ergino et Chantal Poncet
Exposition programmée dans le cadre de Galeries Nomades organisées par l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne.

Les dessins de la jeune plasticienne lyonnaise Barbara Lerch questionnent et interpellent par leur ambiguïté entre figuration et abstraction. Ils ont pour point de départ la variation d’un même motif : une pile de vêtements. Leur saturation, cet empilement de strates, est créée à coup de lignes, de superpositions de matières au travers des différents papiers ou de traits cheminant dans l’espace de la feuille. L’encre, médium principal utilisé sans esquisse préparatoire, ne permet aucune hésitation ni retour en arrière. La démarche, conceptuelle et plastique, tend vers une forme d’art brut.






